
Le dernier rapport des experts de l’ONU lève le voile sur les véritables rouages de la crise haïtienne. Au-delà de la violence brute des gangs, le citoyen engagé William Evens Josma nous invite à regarder en face le système qui les nourrit : un entrelacement de corruption, de complicités politiques et de contrebande financière. Pour éradiquer le mal, il ne suffit plus de combattre les exécutants, il faut traquer les commanditaires et couper les sources de financement
Haïti doit regarder la vérité en face.
Le rapport des experts des Nations unies remet sur la table une réalité que beaucoup préfèrent éviter : derrière la violence des gangs se cachent des réseaux plus complexes, où se croisent argent, politique, contrebande, corruption et criminalité organisée.
Le gang n’est donc pas toujours le début de l’histoire. Il peut en être le produit.
Pendant que les gangs terrorisent la population, une question fondamentale demeure : qui les finance ? Qui les arme ? Qui les protège ? Qui profite de leurs activités ?
C’est là que commence le véritable débat.
Le nom de Jean-Charles Moïse apparaît dans les controverses et accusations rapportées autour de certains réseaux. Mais une accusation ne constitue pas une condamnation. Toute personne mise en cause doit pouvoir répondre, et toute allégation doit être établie par des preuves et des procédures crédibles.
Mais le débat ne doit surtout pas être réduit à un seul homme.
Le véritable scandale serait de découvrir des réseaux criminels sans avoir le courage d’en rechercher les ramifications politiques, économiques et financières.
Haïti ne peut pas combattre les gangs tout en laissant prospérer les mécanismes qui les alimentent.
Il faut suivre l’argent.
Il faut contrôler les ports.
Il faut combattre la contrebande.
Il faut poursuivre les corrupteurs autant que les corrompus.
Il faut enquêter sur les commanditaires autant que sur les exécutants.
Et surtout, il faut mettre fin à l’impunité.
Le rapport de l’ONU doit être un électrochoc, pas une arme de propagande politique.
Car la question essentielle n’est plus seulement :
« Qui sont les chefs de gangs ? »
La vraie question est beaucoup plus dérangeante :
Qui se cache derrière les réseaux qui permettent aux gangs de survivre ?
Tant que cette question restera sans réponse, Haïti continuera de combattre les symptômes sans jamais toucher à la racine du mal.
William Evens Josma.