
Il y a des moments dans l’histoire d’une nation où le murmure se transforme en clameur, où les intérêts dispersés s’alignent enfin autour d’une nécessité supérieure. Aujourd’hui, en Haïti, ce moment est arrivé.
Une centaine d’organisations, de partis politiques et de plateformes de la société civile ont fait un choix rare, presque inédit : celui de l’unité. Non pas une unité de circonstance, fragile et opportuniste, mais une convergence lucide face à l’impasse politique persistante. Leur message est clair, net, et chargé de sens
: »il est temps d’instaurer un gouvernement bicéphale. »«
Ce n’est pas une simple revendication institutionnelle. C’est une réponse structurée à une crise profonde de confiance. En proposant un exécutif à deux têtes avec un Président issu de la Cour de cassation et un Premier ministre ancré dans la société civile. Ces forces vives du pays ne cherchent pas à complexifier le pouvoir. Elles cherchent à le rééquilibrer.
Car que demande réellement ce mouvement ? De la crédibilité. De l’impartialité. De la compétence. En plaçant un juge de la Cour de cassation à la tête de l’État, il s’agit de réintroduire une figure au-dessus des luttes partisanes, un symbole d’équité dans un système trop longtemps miné par les intérêts particuliers. En parallèle, confier la Primature à un représentant de la société civile, c’est reconnecter le pouvoir aux réalités du peuple, aux urgences sociales, aux aspirations profondes de la nation.
Ce modèle bicéphale n’est pas une faiblesse. C’est une stratégie. Une manière de créer un équilibre des forces, de garantir une gouvernance plus transparente, et surtout, de préparer le terrain pour des élections crédibles celles que le pays attend depuis trop longtemps.
Face à cette mobilisation, une question s’impose : qui peut encore ignorer cet appel ? Qui peut prétendre gouverner sans entendre cette coalition large, diverse, déterminée ?
Ce mouvement n’est pas seulement politique. Il est historique. Il marque peut-être le début d’une nouvelle culture du compromis en Haïti; une culture où l’intérêt national prime sur les ambitions individuelles.
Et si, cette fois, la solution ne venait pas d’un homme fort… mais d’un équilibre fort ?
Le message est lancé. Il est puissant. Et il résonne désormais comme une évidence : Haïti ne cherche plus un sauveur. Haïti exige un système qui fonctionne.