
Port au Prince, Avril 2026.
La Redaction.
Alors que l’incertitude politique continue de planer sur le pays, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a franchi une étape administrative clé. Ce vendredi 24 avril, l’institution électorale a officiellement transmis au pouvoir exécutif le nouveau projet de décret électoral harmonisé. Un geste qui place désormais la balle dans le camp de la Primature, sous le feu des critiques pour sa passivité apparente.
C’est par une note officielle que le CEP a annoncé la fin d’un travail de refonte technique majeur. Ce projet de décret n’est pas un simple document administratif, mais, il se veut l’outil de mise en œuvre du « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections ».
En harmonisant le texte avec les dispositions du décret du 1er décembre 2025, le CEP tente de prouver qu’il est prêt techniquement, à lancer la machine électorale.
Une harmonisation stratégique
Le travail de refonte opéré par le Conseil, visait à corriger les incohérences juridiques qui bloquaient jusqu’ici le processus.
Selon des sources proches de l’institution, ce nouveau texte intègre les exigences de sécurité et de transparence réclamées par la classe politique et la société civile dans l’objectif d’offrir un cadre légal solide pour des élections qui se font attendre depuis trop longtemps.
Le « marronnage » de la Primature ?
Cependant, cette avancée technique se heurte à une réalité politique beaucoup plus sombre.
Dans les couloirs du pouvoir et au sein des organisations de la société civile, le terme de « marronnage » revient avec insistance pour qualifier l’attitude du Premier ministre.
Alors que le CEP remplit sa part du contrat, l’Exécutif est accusé de multiplier les manœuvres dilatoires pour ne pas respecter l’échéance prévue. « Le CEP a fait son travail, mais sans une volonté politique réelle et la publication de ce décret dans le journal officiel Le Moniteur, nous restons dans l’impasse », confie un observateur politique.
Une course contre la montre.
L’enjeu est de taille, le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Pour beaucoup, le silence ou la lenteur de la Primature ne sont plus de simples retards techniques, mais une stratégie délibérée pour prolonger la transition.
Avec la remise de ce projet de décret, le CEP se lave les mains de tout futur retard.
La population, fatiguée par l’instabilité, attend désormais de voir si l’Exécutif transformera l’essai ou s’il continuera de pratiquer cette politique de l’esquive qui fragilise chaque jour un peu plus l’avenir démocratique du pays.