
Alors que le SNGRS et la Mairie de Pétion-Ville multiplient les discours menaçants sous le label « Alo Salòp », la réalité du terrain offre un spectacle désolant. Entre incompétence administrative et mépris des citoyens, la commune sombre dans l’insalubrité. Qui sont les vrais coupables ?
Le slogan se voulait révolutionnaire, il est devenu une insulte à l’intelligence des Pétion-Villois. En lançant l’opération « Alo Salòp », le DG du SNGRS, Daril Balthazar, et la Commission Intérimaire de la commune pensaient sans doute s’offrir une image de fermeté. Mais sur le pavé, l’odeur de la décomposition a remplacé celle de la réforme.
L’hôpital qui se moque de la charité,
Comment peut-on décemment menacer d’arrestation des citoyens qui jettent leurs déchets dans la rue, quand l’État lui-même est incapable de fournir le moindre bac à ordure ? Pointer du doigt la saleté du peuple est un exercice facile, voire lâche, lorsqu’il sert à masquer l’absence totale de logistique.
À Pétion-Ville, les bennes de ramassage sont devenues des mirages et les points de collecte, des monuments à l’abandon.
Du côté de la place Saint-Pierre jusqu’aux abords du cimetière, les immondices ne sont plus de simples tas de détritus; ce sont des barrages routiers.
Les commerçants, les écoliers et les usagers de la route slaloment entre les sacs plastiques éventrés et les eaux stagnantes, sous le regard indifférent d’une Commission Intérimaire qui semble plus préoccupée par les communiqués que par les camions de ramassage.
Un échec managérial déguisé en slogan.
Le SNGRS brille par son inertie. On nous promet des « jeudis de nettoyage », on nous parle d’enregistrement de prestataires privés, mais le résultat reste le même; la commune étouffe.
Le slogan « Alo Salòp » sonne désormais comme un aveu d’impuissance. Si la population est SALOPE, c’est parce que ses dirigeants ont abandonné leur mission de service public.
L’autorité ne se décrète pas à coups de menaces policières, elle se gagne par l’efficacité.
Aujourd’hui, l’ironie est totale, le slogan lancé pour traquer les incivilités finit par qualifier ceux qui ont la charge de la ville.
L’heure des comptes
Monsieur le Directeur du SNGRS, Messieurs les commissaires, les rues de Pétion-Ville parlent pour vous. Et ce qu’elles disent est accablant. Avant de vouloir arrêter le petit marchand pour un sachet plastique, commencez par libérer nos rues de vos montagnes de déchets. L’opération « Alo Salòp » n’est pas un succès, c’est un naufrage.
Le temps des slogans est révolu. Les citoyens n’attendent plus de phrases chocs, mais des camions qui passent et des responsables qui travaillent. Sinon, c’est l’histoire qui finira par vous répondre. Allo l’Incompétence!.
Rj…