
Par VILLE JOCELYN.Economiste.
Le verdict est tombé ce 16 avril. La Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) a publié les résultats de sa mise à jour de l’analyse de « L’Indice des Prix à la Consommation » (IPC). Le constat est sans appel; 5,83 millions de personnes sombrent dans la faim, victimes d’un cocktail explosif mêlant violence armée, l’incapacité de nos dirijans et effondrement économique.
L’insécurité en Haïti ne se mesure plus seulement au bruit des balles, mais aussi au vide des assiettes. Selon les dernières données couvrant la période de mars 2025 à juin 2026, 52 % de la population haïtienne, soit 5,83 millions d’individus se trouvent actuellement en situation d’insécurité alimentaire aiguë.
Dix zones en état d’urgence
Lors de la présentation de ce rapport, Hamel Cazeau, coordonnateur de la CNSA, a mis en lumière la géographie de la faim.
Sur les 30 zones analysées à travers le pays, 10 ont été classées en « Phase 4 » , qui represente le dernier stade avant la famine.
Les régions les plus durement touchées incluent des portions: *Du Nord-Ouest. *Artibonite.
*Bas-Plateau, ainsi que l’île de La Gonâve.
À Port-au-Prince, ce sont les quartiers pauvres, qui paient le plus lourd tribut.
Un pays paralysé par la violence et l’incopetance.
Le rapport identifie la violence des groupes armés comme le principal verrou à la sécurité alimentaire. En entravant la libre circulation des biens et des personnes, les gangs ont provoqué une rupture des chaînes d’approvisionnement et une hausse vertigineuse des prix.
Cette crise sécuritaire vient s’ajouter à des facteurs structurels déjà fragiles; Une production agricole en berne et des chocs économiques persistants qui achèvent de réduire le pouvoir d’achat des ménages les plus précaires.
Pour le ministre de l’Agriculture, Marcelin Aubourg, ces chiffres doivent servir de boussole pour l’action publique. Se lui, «L’analyse IPC est un outil essentiel pour orienter les interventions et définir les priorités dans les zones les plus touchées »