Par William Evens Josma.

Alors que le pays traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente, marquée par l’insécurité grandissante, la paralysie institutionnelle et une crise de confiance généralisée, une image interpelle : celle du Premier ministre de facto, Alix Didier Fils Aimé, en déplacement à Washington.
Mais au-delà de la simple visite diplomatique, c’est la posture qui questionne. Car ce voyage ne donne pas l’impression d’un dirigeant venu défendre avec fermeté les intérêts de la nation, mais plutôt celle d’un responsable politique en quête de validation. Ses prises de parole, ses réponses et ses engagements semblent s’inscrire dans une logique où l’approbation extérieure devient déterminante.
Dans ce contexte, une inquiétude légitime émerge : les décisions qui engagent l’avenir du pays sont-elles encore prises en toute souveraineté ? Ou sont-elles désormais conditionnées par des intérêts et des orientations dictés ailleurs ? Lorsque le sort politique d’un dirigeant paraît dépendre du regard et du jugement de puissances étrangères, c’est toute la notion d’indépendance nationale qui vacille.
Cette situation n’est pas seulement une question de perception. Elle touche au cœur du contrat social. Un gouvernement tire sa légitimité de son peuple, de sa capacité à répondre à ses besoins, à assurer sa sécurité et à tracer une voie claire vers la stabilité. Lorsqu’il donne le sentiment de répondre prioritairement à des acteurs extérieurs, ce lien essentiel se fragilise dangereusement.
Il ne s’agit pas de nier l’importance des relations internationales ni des partenariats stratégiques. Aucun pays ne peut évoluer en vase clos. Mais la coopération ne doit jamais se confondre avec la soumission. L’équilibre est clair : dialoguer avec le monde, oui ; abandonner sa capacité de décision, non.
Aujourd’hui plus que jamais, le pays a besoin d’un leadership fort, ancré dans les réalités nationales et porté par une vision souveraine. Un leadership capable de parler d’égal à égal avec ses partenaires, sans ambiguïté, sans dépendance excessive, et surtout sans renoncer à l’intérêt supérieur de la nation.
L’histoire jugera les choix faits en ces temps incertains. Mais une chose est sûre : un peuple ne peut durablement accepter que son destin soit décidé ailleurs.